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La finance verte et durable nécessite de la recherche scientifique

La grand-messe annuelle parisienne pour promouvoir la place financière de Paris, organisée par Paris Europlace et qui s’est déroulée les 9 et 10 juillet, a été l’occasion de réunir des personnalités importantes de l’industrie financière et des pouvoirs publics. Au cours de cet événement international, l’Institut Louis Bachelier a animé une session sur la finance verte et durable, à travers son programme de recherche interdisciplinaire Green and Sustainable Finance

Des défis nombreux à relever…

Il faut dire que le rôle de l’industrie financière pour limiter le réchauffement climatique et financer la transition énergétique est devenu central. Et dans ce domaine, l’apport de la recherche est crucial pour mieux définir, cerner et appréhender les nombreuses problématiques dont certaines ont été rappelées par Stéphane Voisin, coordinateur du programme de recherche Green and Sustainable Finance :

Il y a beaucoup de challenges à relever comme la résilience des énergies fossiles qui représentent 60% du mix-énergétique mondial ou encore les financements à trouver pour encourager la transition énergétique”, tout en ajoutant que “Il y a des sujets de recherche clés à étudier : mesurer le risque climatique, créer des outils et des scénarios pour évaluer les mesures du risque climatique, structurer les données”

… Avec l’aide de la recherche académique

Pour contribuer à verdir la finance, le programme de recherche Green and Sustainable Finance, créé en septembre 2018, vise à “Développer et coordonner des dynamiques multidisciplinaires parmi les chercheurs français engagés sur la finance verte, stimuler les interactions entre les praticiens et les académiques, ainsi que créer un green Data Lab qui fournira des données fiables et accessibles “, a déclaré son responsable scientifique Peter Tankov

L’un des grands enjeux pour la finance consiste à intégrer le climat dans l’évaluation des actifs et des choix d’investissement: “Les risques climatiques ne sont pas intégrés et tarifés par les marchés financiers, car ce sont de nouveaux risques. S’ils sont gérés avec des données historiques, cela ne permet pas d’évaluer certains risques extrêmes “, a indiqué Antoine Mandel, professeur de mathématiques appliquées à l’Université Paris I

Même son de cloche pour Morgan Després de la Banque de France et secrétaire général du Network for Greening the Financial System (NGFS), un groupement de banques centrales et de régulateurs engagés sur la finance durable : “On ne peut pas utiliser les outils classiques de la finance pour mesurer les risques climatiques. Le risque de transition, par exemple, implique des incidences à long terme, tandis que les modèles de prévisions sont à court terme “. Il a également insisté sur les besoins de recherche : ” Les impacts macroéconomiques, sur des variables comme le PIB, l’inflation et le chômage, du risque climatique sont très difficiles à mesurer. La compréhension du risque climat sur la stabilité des prix nécessite davantage de recherche. Les risques entre les actifs bruns et verts exigent des définitions et des données.”

Sur le plan des données, Alice Froidevaux, data scientist au sein de la fintech QuantCube, a fait une présentation remarquée sur l’utilisation de données alternatives (images satellites, trafic maritime, données météorologiques…) pour construire des indices ESG, de pollution ou de stress hydrique par exemple.

En clair, le verdissement de la finance doit s’entreprendre de manière collective avec l’appui de la recherche scientifique. 

Retrouvez ci-dessous les slides de présentation de certains intervenants :

Europlace Sustainable Finance Research ILB

PitchMandel